Financer la formation professionnelle avec le CPF : mode d’emploi et rôle de l’abondement employeur

Image représentative d'une formation pcf

La formation professionnelle continue est devenue un levier stratégique pour les entreprises et les salariés. Dans un contexte de transition numérique, d’évolution des métiers et d’exigences accrues en matière de compétences, se former n’est plus un luxe, mais une nécessité. En France, le Compte Personnel de Formation (CPF) constitue un outil central pour favoriser l’accès à la formation. S’il est géré individuellement par les salariés, les entreprises peuvent désormais intervenir pour compléter le financement via un abondement. Un mécanisme gagnant-gagnant qu’il est crucial de comprendre dans le détail. Chez Crea Image, on vous explique tout pour que vouis puissez profiter du meilleur de nos formations professionnelles en toute simplicité

Le CPF : un droit personnel à la formation

Créé en 2015 et réformé en 2019, le CPF permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de sa vie professionnelle. Il remplace l’ancien DIF (Droit Individuel à la Formation) et se distingue par sa gestion individualisée et dématérialisée via la plateforme MonCompteFormation.gouv.fr.

Comment ça fonctionne ?

      • Le CPF est alimenté à hauteur de 500 € par an, plafonné à 5 000 € pour un salarié à temps plein (800 €/an pour un salarié peu qualifié, plafonné à 8 000 €).

      • Il peut être utilisé pour financer des formations certifiantes, inscrites au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ou au RS (Répertoire spécifique).

      • Le salarié peut mobiliser ses droits CPF à tout moment, que ce soit en activité, en période de transition, ou en recherche d’emploi.

    CPF et formation professionnelle en entreprise : un changement de paradigme

    Contrairement aux anciens dispositifs où l’entreprise pilotait directement la formation, le CPF appartient exclusivement au salarié. Cela peut créer un décalage entre les besoins stratégiques de l’entreprise et les projets individuels des salariés.

    Cependant, la loi prévoit des modalités d’articulation entre CPF et entreprise, notamment à travers :

        • L’abondement employeur volontaire ou négocié ;

        • Le CPF co-construit dans le cadre du plan de développement des compétences ;

        • Des accords collectifs d’entreprise ou de branche.

      L’abondement employeur : de quoi parle-t-on ?

      L’abondement correspond à une somme complémentaire versée sur le CPF du salarié pour compléter ses droits et couvrir tout ou partie d’une formation.

      Types d’abondement possibles

          • Abondement correctif automatique : versé par l’employeur s’il ne respecte pas ses obligations (ex : entretiens professionnels non réalisés).

          • Abondement volontaire : l’entreprise finance une partie ou la totalité de la formation souhaitée par le salarié, même si cette formation n’est pas intégrée dans le plan de formation de l’entreprise.

          • Abondement dans le cadre d’un accord d’entreprise ou de branche : prévoyant des enveloppes budgétaires pour encourager la montée en compétence via le CPF.

        Pourquoi l’entreprise a-t-elle intérêt à abonder ?

        L’abondement permet à l’entreprise de :

            • Répondre aux besoins en compétences sans attendre que le salarié atteigne le plafond CPF.

            • Encourager des projets de formation cohérents avec sa stratégie RH.

            • Améliorer l’engagement des collaborateurs, en leur montrant un soutien concret dans leur développement professionnel.

            • Bénéficier d’un cadre souple, tout en évitant de supporter 100 % du coût d’une formation.

          Le process d’abondement en pratique

          1. Le salarié choisit une formation

          Le salarié sélectionne une formation éligible au CPF depuis la plateforme MonCompteFormation. Il peut le faire seul ou dans le cadre d’un échange avec son employeur.

          2. Il fait une demande de financement

          S’il n’a pas suffisamment de droits CPF pour couvrir le coût total de la formation, plusieurs options s’offrent à lui :

              • Payer le reste à charge lui-même (par carte bancaire depuis la plateforme).

              • Solliciter un abondement par son employeur, ce qui nécessite un accord explicite de celui-ci.

            3. L’entreprise est sollicitée pour abonder

            Il existe deux cas de figure :

            a) Abondement hors plateforme (classique) :

            L’entreprise finance directement la part manquante de la formation (par virement à l’organisme de formation ou remboursement au salarié). Cela nécessite un accord formalisé, souvent via un courrier ou une convention.

            b) Abondement intégré via la plateforme MonCompteFormation :

            Depuis 2023, les employeurs peuvent directement se connecter via le service EDEF (Espace des Employeurs et des Financeurs) pour proposer un abondement automatisé. Cela nécessite :

                • L’inscription de l’entreprise sur EDEF.

                • L’identification du salarié et du dossier concerné.

                • Le versement de la somme sur le CPF du salarié via la plateforme (sécurisé, traçable).

              4. L’abondement est validé et la formation peut commencer

              Une fois l’abondement validé par l’entreprise et accepté par le salarié, la formation est financée dans son intégralité. Le CPF est débité en premier, l’abondement couvre le complément.

              Exemple concret

              Situation :
              Un salarié souhaite suivre une formation certifiante en montage vidéo d’un coût total de 2000 €. Son CPF est crédité de 1 200 €.

              Options :

                  • Il peut payer lui-même les 800 € restants.

                  • Il peut demander à son employeur de financer les 800 € complémentaires via un abondement.

                Si l’entreprise accepte :

                    • Elle peut régler directement l’organisme (accord bilatéral classique).

                    • Ou utiliser la plateforme EDEF pour transférer les 800 € sur le CPF du salarié.

                  Points de vigilance pour l’entreprise

                      • L’abondement n’est pas obligatoire sauf en cas d’abondement correctif.

                      • Il est recommandé de mettre en place un processus clair et équitable (critères d’éligibilité, budget alloué, etc.).

                      • L’entreprise peut conditionner son abondement à certains types de formations stratégiques ou à des engagements du salarié (ex : rester dans l’entreprise pendant un certain temps).

                    Et pour les OPCO ?

                    Dans certains cas, les OPCO (Opérateurs de Compétences) peuvent aussi abonder un CPF, notamment pour des salariés de TPE/PME. L’entreprise peut ainsi co-financer une formation avec son OPCO et le CPF du salarié.

                    CPF et temps de travail

                    CPF hors temps de travail

                    Le salarié est libre de se former sans en informer son employeur si la formation se déroule en dehors du temps de travail.

                    CPF sur le temps de travail

                    Si la formation se déroule pendant les heures de travail, l’accord de l’employeur est obligatoire. L’entreprise peut alors profiter de cette occasion pour participer au financement.

                    Conclusion : un levier de co-investissement à structurer

                    Le CPF représente une opportunité majeure pour les salariés de prendre en main leur parcours professionnel. L’abondement employeur vient renforcer cette dynamique en la rendant plus vertueuse pour toutes les parties. Pour les entreprises, il s’agit de passer d’une logique de subvention à une logique de co-investissement, où chacun s’engage pour répondre à ses objectifs.

                    Mieux encore, dans un monde en perpétuelle transformation, l’abondement CPF peut devenir un outil stratégique de gestion des talents, d’attractivité et de fidélisation. À condition, bien sûr, de mettre en place un dialogue transparent et structuré autour des besoins en compétences.

                    En chiffre

                    De 2020 à 2023

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